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Shiatsu: la digipression thérapeutique japonaise

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"Shi" = Doigts

"Atsu" = Pression

Le shiatsu est une technique de digipression . «Shi» signifie «doigts» et «atsu» signifie «pression»: le terme signifie littéralement « pression des doigts ». En analysant plus attentivement les caractères (Kanji) qui composent le terme , on peut aussi traduire celui-ci par « dague qui pénètre à l’intérieur et y fait entrer la lumière », c'est-à-dire ici l'énergie réparatrice, le "pur" et l'harmonie.

Le ministère de la santé nippon définit quant à lui le Shiatsu comme « une forme de manipulation exercée à l'aide des pouces, des doigts et des paumes, sans recours à aucun instrument mécanique ou autre, par application d'une pression au niveau de l'épiderme, afin de corriger les dysfonctionnements internes, d'améliorer et de préserver la santé et de traiter des affections spécifiques en réactivant la capacité naturelle d’autoguérison de l’individu ».

Au Japon, le Shiatsu est officiellement reconnu en tant que pratique médicale. Le Shiatsu médical y est enseigné dans des écoles agrées par l’État et l’exercice professionnel conditionné à 3 années d’études (soit plus de 3000 heures de formation) et l’obtention d'une licence, délivrée sur examen national. 

Les gestes de base en shiatsu : pression et mobilisation

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Les 2 gestes de base en Shiatsu : pression et mobilisation

En pratique, l’action que le praticien (le "shiatsuki") engage fait appel à deux grandes catégories de gestes :

  • la pression : c’est le «cœur» du shiatsu. Elle s'exerce le plus souvent avec les pouces, mais peut également l'être avec d'autres partie du corps: paumes des mains, coudes, genoux, .... Le praticien exerce par le toucher une action le long de différents trajets du corps et se concentre sur certains points en fonction de la problématique du receveur. 

  • la mobilisation : le travail en pressions peut être associé à diverses techniques de mobilisation (étirements, pompage, vibrations, mouvements avec contre-appui, etc.). Souvent, de telles manoeuvres singularisent le praticien, car elles complètent la technique shiatsu plus qu’elle n’en relèvent au sens strict.

Une discipline, plusieurs styles

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Les différents styles de Shiatsu se distinguent par leur référentiel théorique ainsi que leur pratique technique.

Il existe différents courants dans le Shiatsu : style Namikoshi, Masunaga, Koho, Kuretake, ... Nombre de praticiens issus des premiers courants historiques ayant par la suite eux-mêmes créés leur propre "voie", le paysage actuel jouit d'une grande diversité d'approches, se distinguant principalement les unes des autres à la fois par le type de pression (rythme, direction, puissance), l'usage -ou non- de techniques de mobilisation et l'interprétation dans des proportions variables de la physiologie humaine selon une approche énergétique et/ou mécaniste. Souvent, la plainte qui s’exprime peut nécessiter un acte de remédiation biomécanique (par exemple en cas de torticolis, d'épaule gelée, de lumbago, de sciatique, etc.), qui produit un déblocage immédiat. Puis, au cours des séances suivantes sera engagé un travail sur les déséquilibres énergétiques qui peuvent en être sinon la cause, tout au moins un facteur de sédimentation. 

Des racines anciennes

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Ampuku Zukai (Shinsai Ota), considéré comme le premier livre de Shiatsu. 

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Tenkei Tamaï, inventeur du terme "Shiatsu" dans son livre Shiatsu Ho, en 1919.

Si l’on en croit la tradition, c’est l’Inde qui serait le berceau de toutes les disciplines corporelles de bien-être. Enseignées par des moines bouddhistes, ces techniques se seraient ensuite propagées vers la Birmanie, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande et la Chine. 

Entre les 3ème et le 6ème siècles, la médecine traditionnelle chinoise (ou « kampo ») entre au Japon et au 7ème siècle environ, l’An-Mo (ou "Anma", ancêtre du Shiatsu) voit le jour. Très apprécié de la cour impériale japonaise qui en favorisa la diffusion, la technique fut décrite pour la première fois en 982 dans le I Shin Ho (le plus ancien livre de médecine japonaise connu à ce jour). Celle-ci procédait par pressions, vibrations, percussions et étirements. 

Au XIXème siècle,  certains praticiens tentèrent d'en approfondir le contenu médical et développèrent l’art de travailler en s’appuyant sur une connaissance profonde de la circulation énergétique, des méridiens, des keiketsu et des tsubos. Les premiers écrits de protocole de pressions datent ainsi de Shinsai Otha dans le livre « Ampuku Zukaï » (1827), ouvrage fondateur du Shiatsu actuel. Pourtant, la médecine qui se développe au Japon à partir de la fin du XIXème siècle est majoritairement d’essence européenne, notamment allemande. Les disciplines manuelles de prévention perdent quant à elles de leur importance, tout au moins sur le plan institutionnel.

On doit pourtant à quelques médecins japonais, formés aux médecines occidentales mais également aux thérapies traditionnelles, d’avoir su maintenir dans leur pratique la coexistence des deux systèmes. Ce fut le cas par exemple des Dr Wada, Yumoto, Nakayama, ainsi que du Dr Hirata, docteur en médecine et en thérapies manuelles, initiateur de la médecine Koho. 

Une technique héritée de l'Anma, un massage traditionnel qui remonte au VIIème siècle.​

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Tokujiro Namikoshi (1905-2000), fondateur du Japan Shiatsu College en 1940

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Okuyama Ryuho (1901-1987), fondateur de l'Hakko Ryu Jujitsu (1938) et du Koho Shiatsu (1941)

Une formalisation récente

Le terme « Shiatsu » est assez récent. Il n’apparaît en effet qu’à l’orée des années 1920, utilisé pour la première fois par Tenkeï Tamaï en 1919 dans son livre « Shiatsu Ho » (ou « Méthode de pression avec les doigts », dans lequel celui-ci reprend les fondements de l'Anma et y intègre les bases de l'énergétique.

La première clinique de shiatsu fut quant à elle ouverte en 1925, par Tokujirô Namikoshi. A la même époque, Ruyho Okuyama -qui apprit la médecine du Dr Hirata- développa son approche et créa sa propre école en 1941, qu'il nomma Koho Shiatsu. 

Mais la seconde guerre mondiale bouleverse l’ordre des choses. Placé sous tutelle américaine en 1945 après sa reddition, le Japon se voit imposer des réformes radicales, parmi lesquelles l’interdiction d’exercer la médecine orientale. Le gouvernement japonais parvient néanmoins à nommer une commission, dont les travaux permettent quelques années plus tard de faire reconnaître le shiatsu pour son efficacité thérapeutique et d’en rendre la pratique non seulement légale, mais également organisée dans un cadre de formation et d’exercice médical.

C’est Tokujirô Namikoshi qui a établi les critères de définition « officiels » du shiatsu, sur la base desquels le gouvernement japonais a obtenu sa reconnaissance, en 1955. Ayant lui-même étudié la chiropraxie aux États-Unis et appris la pratique des thérapies manuelles traditionnelles orientales, il a fondé une pratique qui est en fait le fruit de son histoire personnelle : la rencontre entre la chiropractie importée de l’Occident et les techniques manuelles orientales traditionnelles (Anma, Seikotsu, Kuatsu).

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